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90… Un chiffre impressionnant, qui nous ramène à cette année 1919 à la fois proche et lointaine : le
hockey n’était pas connu partout encore, mélange de sports divers pratiqués par les peuples du Nord, de Scandinavie, de Russie ou du Canada; les patineurs achetaient ou louaient des
équipements qui nous semblent aujourd’hui incroyables, des chaussures sous les semelles desquelles on clouait des lames, des crosses en bois massif, des vêtements «de tous les jours», et
tout le monde jouait sur de la glace naturelle, formée patiemment sur une place dès le début de l’hiver.
On sortait de la 1ère guerre mondiale, et, dans cette petite ville ouvrière des Montagnes Neuchâteloises,
l’hiver était très froid et on croulait (comme souvent) sous la neige… Aujourd’hui, la neige est toujours là, mais la ville n’est plus si petite, les règles internationales du hockey sont
fixées, discutées précisément chaque année par toutes les ligues, les équipements sont issus d’une haute technologie et la patinoire, couverte, produit même de la glace en août… beaucoup
de choses ont changé, mais pas la passion qui a animé les fondateurs du HCC, passion qui coule aujourd’hui dans les veines des dirigeants, joueurs, spectateurs, plus jeunes et moins
jeunes, qui fait battre le cœur d’une région. Que de souvenirs possède ce club, que d’évènements, petits et grands, de moments agréables, de cruelles déceptions, de bonheur un peu
fou, de petites histoires dans la grande…
La grande histoire qui commence, on l’a dit, en 1919, quand quelques passionnés décident qu’en plus du
patinage et du ski de randonnée, les Chaux-de-Fonniers vont désormais pratiquer le hockey. On crée donc un club, sous-section du club de patinage, et on décide de jouer selon les règles
du Bandy (un des ancêtres suédois du hockey), déjà pratiqué ailleurs en Suisse. Il y a 14 joueurs prévus : deux équipes de 7, dont les meilleurs participeront au championnat suisse.
L’équipe est formée d’une bande de copains, on se prête le matériel ( qui doit d’ailleurs être acheté par les joueurs eux-mêmes), on s’amuse sur la glace du «Patinage», on participe au
championnat romand…
Le hockey commence à se faire une belle petite renommée en ville, des tournois y sont organisés, on a même
un vrai entraîneur (Dufour)… Cependant, la gestion est aléatoire, un peu chaotique : la place de la gare ne permet pas une bonne qualité de glace, on n’a pas le temps de s’entraîner,
ni même parfois de participer au championnat…
Dans les années 30, toutefois, de courageux joueurs et dirigeants prennent en main le club… retournent au
Patinage (à l’actuelle rue du Collège), construisent eux-mêmes les bandes du «terrain de jeu», se donnent à fond pour assurer un avenir au club… et leur travail finit par payer de belle
manière, avec un titre de champion romand en 1939.
Hélas, comme un peu partout dans le monde, la guerre vient stopper pratiquement toute activité de loisirs,
et, même si l’on fête avec enthousiasme les 20 ans du club, rien ne se passera vraiment durant 6 ans…
A la fin de la guerre, la LSHG crée la LNB, dans laquelle patine le HCC. En fait, il fait mieux qu’y
patiner: 2 fois de suite, en 1951 et 1952, il remporte le titre de champion romand. La structure se développe, les spectateurs enthousiastes affluent et on décide de construire une
patinoire artificielle qui sera à la hauteur des ambitions du club et évitera aux frères Delnon et à leurs camarades de patiner dans l’eau quand la température
remonte…
En 1953, donc, la patinoire artificielle des Mélèzes voit le jour (une des 10 premières surface de glace
artificielle de Suisse) et on commence à voir les choses en grand, en engageant notamment un entraîneur-joueur canadien (Ernie Domenico) avec qui le HCC, encore une fois champion de ligue
B, accède à la ligue A. Si sur la glace tout fonctionne, l’équipe dirigeante en place a de la peine à garder le navire à flot et les comptes sont catastrophiques au point que les
démissions se succèdent… dans ce contexte troublé, le HCC redescend en LNB, se bat pour y rester et on revient à l’amateurisme à cause des finances. Cependant, le mouvement junior
prend de l’ampleur et la relève semble vouloir aller plus haut que ses aînés.
Leur motivation trouve enfin un écho en 64 quand C. Frutschi reprend la présidence, engage un entraîneur de
poids (Gaston Pelletier) et décide que chacun doit mettre la main à la pâte dans l’organisation, surtout dans la formation des plus jeunes et dans un vrai entraînement pour la première
équipe. A peine 4 ans plus tard, on cueille les fruits mûrs de cet élan magnifique: le HCC est champion suisse!
C’est le début des « 6 Glorieuses » de l’équipe (1968-1973) : 6 titres consécutifs de champion suisse, 6 saisons de domination sans partage, 6 ans où une équipe de copains
récolte succès et gloire. A lui seul, le HCC fournit 2 lignes entières de notre équipe nationale, au point qu’en fouillant dans les archives de l’Impartial, nous avons trouvé un article
intitulé «le HCC aux Jeux Olympiques». Le 2ème sacre, celui de 1969, est spécial à plus d’un titre, puisque non seulement les Mélèzes reçoivent leur premier toit, mais aussi et surtout
parce que l’on fête les 50 ans du club dans l’euphorie que l’on devine… les noms d’alors sont restés célèbres: Turler, Huguenin, Pelletier et tant d’autres…
Les spectateurs qui suivaient déjà le HCC alors nous racontent encore, les yeux brillants, ces 6
années de folie, où les gens s’asseyaient sur les poutres du toit pour pouvoir suivre le match, tant la place manquait dans les gradins, où tout le monde avait l’impression que l’équipe
était invincible et que, quoi qu’il arrive, le titre lui tendrait les bras à la fin de la saison…
En sport, toutefois, les vérités d’hier ne sont pas celles de demain et le HCC redescend peu à peu de son
sommet enneigé au fil des années; on peine à trouver et intégrer une relève qui pourrait reprendre le flambeau, les jeunes (et moins jeunes) commencent aussi à lorgner vers d’autres
clubs… ce qui doit arriver se produit malheureusement: le HCC est relégué en ligue B en 1979, puis en 1ère ligue cinq ans plus tard…
Cependant, malgré toutes les désillusions, l’équipe et un noyau de fidèles spectateurs ne perdent pas
espoir, continuent contre vents et marées ; on fait un moment le yo-yo entre la 1ère ligue et la ligue B et finalement la résurrection s’amorce, sous la houlette de Fuhrer, avec une
promotion en ligue B en 1993, suivie trois ans plus tard seulement (1996) d’une promotion en Ligue A! c’est à nouveau la folie aux Mélèzes, la rivalité avec le LHC atteint une
nouvelle intensité et l’on se prend à rêver à un retour à la plus belle période du HCC…
Malheureusement, comme toujours en sport, c’est sur la glace qu’il faut faire la différence, et rien en
fonctionne comme prévu: là aussi, on fait le yo-yo, mais cette fois une catégorie au-dessus, entre la ligue A et la ligue B ; à force de transferts répétés et de changements de
politique trop rapides, les finances s’épuisent et, malgré la constitution d’une S.A. en 2000, on a l’impression que l'équipe des Montagnes Neuchâteloises ne va pas bien… ce qui se
confirme en 2002-2003, avec une saison terrible, où le HCC menace d’être relégué à nouveau en 1ère ligue…
Heureusement pour tous, une nouvelle équipe pleine d’idées et très motivée arrive alors à la barre du club…
moins de folies financières et de plans sur la comète: on veut, avant tout, former une équipe soudée et pas une somme d’individualités… on donne de la glace aux jeunes de la région, qui
sont prêts à «mouiller leur maillot» pour leur équipe, on crée une vraie dynamique et les spectateurs répondent présents à nouveau, ravis de voir évoluer des «ptits gars du coin» dans
leur équipe.
Depuis ce jour-là, le HCC fait mieux de saison en saison, a retrouvé un
public fidèle et rêve de nouveau, sérieusement, à la ligue A… qui semble de plus en plus proche… Lausanne et La Chaux-de-Fonds prétendent toutes deux ensemble au titre et à la promotion
depuis un petit moment et on peut parier, encore une fois, sur une rivalité riche en rebondissements cette saison… tout le monde est très motivé!
Pour le HCC, en cette année de jubilé, on veut que la fête soit belle,
sans tache: les festivités ont commencé avec une émouvante présentation de l’équipe lors du match de gala de Valeri Chiriaev fin août, se sont poursuivies ce week-end quand a été retiré
définitivement de l’alignement le numéro 14 (G.Dubois), et s’achèveront, on l’espère, en beauté, avec comme prévu et demandé par les dirigeants un titre de champion de LNB… avec, qui
sait, un 7ème titre de champion suisse pour le centenaire de l’équipe en
2019?
source:Planète Hockey
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